Libres Propos...Jacques Gaillot PDF Imprimer Envoyer

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Sur le chemin de la prison…

n…

Quand le bus s’arrête à la station de la prison, elle descend ainsi que des femmes chargées de gros sacs, avec leurs enfants. Il reste un long chemin à faire à pied avant d’arriver au bâtiment où se tiennent les gardiens qui contrôlent l’accès aux parloirs. La cohorte se met en route, bravant le froid qui est vif.

Quand le bus s’arrête à la station de la prison, elle descend ainsi que des femmes chargées de gros sacs, avec leurs enfants. Il reste un long chemin à faire à pied avant d’arriver au bâtiment où se tiennent les gardiens qui contrôlent l’accès aux parloirs. La cohorte se met en route, bravant le froid qui est vif.

Je m’approche de la jeune femme et lui dis : « Je vous reconnais ! » Elle en est surprise. Encore plus surprise quand je lui dis que je ne suis pas inscrit pour avoir un parloir. Connaissant les gardiens, elle va intervenir pour que çà puisse s’arranger. De fait, à peine arrivée, elle va les trouver et revient stupéfaite : « Ils m’ont dit que vous étiez un monseigneur ! C’est la première fois que j’en rencontre un, moi qui suis musulmane... Mon nom est Sabrina.»

De porte en porte, de couloir en couloir, nous arrivons tous les deux au lieu des parloirs. Une heure plus tard ou presque, nous en sortons. Sabrina me parle de son compagnon qu’elle vient voir chaque semaine. Il est incarcéré depuis quatre ans et son procès n’a pas encore eu lieu !
Puis elle m’interroge sur « mon » prisonnier : « Vous êtes venu le voir parce qu’il

estde votre famille ? Par amitié ? »

« Non.Par solidarité »
« Alors, çà, c’est bien »

Jacques Gaillot,

Evêque de Parténia