Libres Propos...avec Jacques Gaillot PDF Imprimer Envoyer

Mourir dans la dignité

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Une femme victime d’une maladie incurable et mortelle et qui endurait des souffrances insupportables, a demandé une aide active à mourir. Demande rejetée.


Dans l’opinion, l’émotion fut considérable. Le débat sur l’euthanasie était une fois de plus relancé. Y a-t-il un droit des malades à pouvoir mourir dignement ? Peut-on permettre que la vie reste humaine jusqu’à son terme ?
Une journaliste me demande une interview concernant le refus d’aider cette femme qui se disait « manger » par la souffrance. Comme beaucoup je suis sensible au drame de cette femme et de sa famille.

Nous savons que la mort fait partie de la vie puisqu’elle l’achève. Si la vie doit être défendue et protégée, c’est vrai de la mort qui en fait partie. Nous savons que personne ne peut vivre et mourir à notre place. Comment ne pas désirer avoir les moyens d’aimer la vie jusqu’au bout et de mourir dignement ?


Mais dans les faits, la fin de vie reste peu prise en charge collectivement. Il y a beaucoup à faire pour lutter contre la souffrance et l’acharnement thérapeutique et pour ne pas mourir dans la solitude… c’est une question d’humanité, de compassion et de solidarité.


Il y a le respect de la loi qui interdit de tuer. C’est un principe fondateur. Mais la loi ne peut pas tout.


Il y a le respect des malades qui peuvent se trouver dans des situations d’exception. Des situations d’exception qui n’entrent pas dans le cadre de la loi.


Par humanité et par compassion, de telles situations n’invitent-elles pas à transgresser la loi ? La loi devrait envisager de telles exceptions.